Introduction
{vizsurvey} fonctionne sans aucune métadonnée. Chargez une base, désignez l’enquêteur·rice et la vague, et tous les calculs se font : les écarts, les classements, la heatmap.
Mais l’interface utilise alors alors les termes de vos fichiers, pas
celle de vos collègues. Les tableaux affichent
CD_HM_RSP_CST_ELECTRICITY, PC_NIGHT ou
PB220A, et chaque personne qui découvre l’outil doit ouvrir
le questionnaire à côté pour savoir de quoi il s’agit. C’est le point de
friction le plus fréquent que nous ayons observé : le lecture des
anomalies est ralentie par la compréhension de chaque variable.
Deux fichiers facultatifs répondent à ce besoin :
- la nomenclature ajoute un libellé court sous chaque nom de variable, directement dans les tableaux ;
- le dictionnaire met à disposition la documentation détaillée d’une variable — formulation exacte de la question, modalités, routing — à l’endroit et au moment où l’on en a besoin.
Ni l’un ni l’autre n’est nécessaire au fonctionnement de {vizsurvey}, mais ils changent le confort d’usage, et surtout la capacité à partager l’outil avec des personnes qui ne connaissent pas la base par cœur.
Cette vignette décrit leur format, ce qu’ils débloquent dans l’interface, et comment les construire progressivement.
Ce que vizsurvey appelle métadonnées
Trois fichiers gravitent autour des données, avec des rôles distincts :
| Fichier | Où il se déclare | Format | Rôle |
|---|---|---|---|
config.txt |
dans le dossier de chaque enquête | texte | rôles des variables (vague, filtre, enquêteur·rice) et typage. Obligatoire |
| Nomenclature |
path_nomen au lancement |
plat (CSV, TSV…) | un libellé court par variable, par langue |
| Dictionnaire |
path_dict au lancement |
plat (CSV, TSV…) | documentation détaillée, structure libre |
Le premier est traité dans la vignette de préparation des données : il décrit la structure des données, ce sans quoi aucun calcul n’est possible.
La nomenclature et le dictionnaire ne se déclarent pas dans
config.txt, mais au lancement de l’interface. Ils sont donc
transverses : un seul fichier peut servir toutes vos
enquêtes.
runVizsurvey_from_folder("data", depth_folder = 2,
path_nomen = "meta/nomenclature.csv",
path_dict = "meta/dictionnaire.csv",
path_archive = "meta/archive.csv")Ces trois arguments sont propres à
runVizsurvey_from_folder. En lancement direct depuis R
(runVizsurvey_from_r), l’interface fonctionne, mais sans
métadonnées : c’est un mode d’exploration rapide.
La nomenclature : des libellés dans les tableaux
Un fichier plat lisible par data.table::fread (CSV, TSV,
point-virgule…), avec une colonne VARIABLE et une
colonne par langue de l’interface, nommée FR,
EN et NL :
VARIABLE,FR,EN,NL
RANK,Rang d'anomalie,Anomaly rank,Anomalierang
NB_INTV,Nombre d'entretiens,Number of interviews,Aantal interviews
INDEX_H,Indice d'homogénéité des réponses,Homogeneity index,Homogeniteitsindex
MAX_CHI2,Plus grand écart observé,Largest deviation,Grootste afwijking
DURATION_MEDIAN,Durée médiane d'un entretien (min),Median interview duration,Mediane duur
PC_NIGHT,Part d'entretiens de nuit,Share of night interviews,Aandeel nachtinterviews
C’est un moyen très économique d’expliquer le tableau de synthèse à celles et ceux qui le découvrent, sans passer par une formation. Une vingtaine de lignes suffisent à couvrir tous les indicateurs de l’application.
Trois règles à respecter :
- la colonne
VARIABLEs’écrit en majuscules ; - la correspondance est exacte :
DT_SVY_YRne correspond pas àDT_SVY_YR_1; - prévoyez la colonne de chaque langue que vous comptez utiliser. La colonne lue est celle de la langue courante de l’interface : changer de langue en cours de session recharge les libellés.
Une variable absente de la nomenclature s’affiche simplement sans libellé.
Les libellés s’affichent sous les noms de colonnes des quatre tableaux de l’onglet Enquêteur : la synthèse, la table des entretiens, celle des sessions et le détail item par item d’un entretien.
Le dictionnaire : la documentation détaillée
Le format
Un fichier lisible data.table::fread (CSV, TSV,
point-virgule…). Sa structure est libre : {vizsurvey}
l’affiche tel quel dans un onglet dédié, avec recherche et filtres par
colonne. Mettez-y ce que contient votre documentation : formulation de
la question, modalités et leurs codes, routing, période de validité,
commentaires méthodologiques.
Deux noms de colonnes ont toutefois un rôle particulier :
-
VARIABLEactive l’affichage contextuel décrit ci-dessous. Sans cette colonne, le dictionnaire reste consultable dans son onglet, mais n’apparaît pas dans les onglets d’analyse ; -
TX_LANG(valeursFR,EN,NL) filtre les entrées sur la langue courante de l’interface. Elle permet de stocker les trois langues dans le même fichier, en lignes plutôt qu’en colonnes — l’inverse de la nomenclature.
Les noms de colonnes sont reconnus sans tenir compte de la casse :
variable et VARIABLE fonctionnent aussi bien.
Voici la forme typique d’un dictionnaire multilingue avec des entrées au
niveau des modalités :
dico <- tibble::tribble(
~VARIABLE, ~TX_LANG, ~QUESTION, ~MODALITE,
"PL030", "FR", "Situation d'activité principale", "1 : Travail à temps plein",
"PL030", "FR", "Situation d'activité principale", "2 : Travail à temps partiel",
"PL030", "FR", "Situation d'activité principale", "5 : Retraité·e",
"PL030", "EN", "Main activity status", "1: Working full-time",
"HSIZE", "FR", "Nombre de personnes du ménage", NA
)
dico
#> # A tibble: 5 × 4
#> VARIABLE TX_LANG QUESTION MODALITE
#> <chr> <chr> <chr> <chr>
#> 1 PL030 FR Situation d'activité principale 1 : Travail à temps plein
#> 2 PL030 FR Situation d'activité principale 2 : Travail à temps partiel
#> 3 PL030 FR Situation d'activité principale 5 : Retraité·e
#> 4 PL030 EN Main activity status 1: Working full-time
#> 5 HSIZE FR Nombre de personnes du ménage NAOù le dictionnaire apparaît
Il sert à deux endroits :
- dans un onglet Dictionnaire, inséré automatiquement à côté de l’onglet Données. Cet onglet n’existe que si un dictionnaire a été fourni et qu’il contient au moins une ligne ;
- dans une carte contextuelle des onglets Vague, Enquêteur et Croisé : dès que vous sélectionnez une variable, les entrées du dictionnaire qui la concernent s’affichent sous les graphiques.
C’est ce second usage qui change le travail au quotidien. Devant un écart entre deux vagues, la première question est presque toujours « la question a-t-elle changé ? ». Avoir la formulation exacte sous les yeux, sans quitter l’interface, évite l’aller-retour vers le questionnaire — et évite surtout de conclure trop vite à une anomalie de collecte là où il n’y a qu’une reformulation.
Créer le fichier depuis les données
Le plus simple est de générer un squelette contenant toutes les variables, puis de le remplir progressivement — en commençant par celles qui remontent effectivement dans les analyses.
df <- create_eusilc_sim()
nomen <- tibble::tibble(
VARIABLE = toupper(names(df)),
FR = NA_character_,
EN = NA_character_,
NL = NA_character_
)
readr::write_csv(nomen, "meta/dictionnaire.csv")Le troisième fichier : l’archive
L’archive complète le tableau, mais dans l’autre sens : ce n’est pas une métadonnée que vous fournissez, c’est une métadonnée que l’outil produit.
Le bouton « Ajouter à l’archive » enregistre une ligne dans le
fichier CSV désigné par path_archive :
timestamp,user,path,wave,intvwr,variable,intv,comment
2026-08-28,thomas,SILC/HFILE,2020,Vienna-2,AGE,,Erreur d'unité confirmée avec le service collecte
L’intérêt tient entièrement au partage du chemin. Si toute l’équipe pointe vers le même fichier, l’archive devient la mémoire collective des vérifications : qui a regardé quoi, quand, et avec quelle conclusion. Notez-y aussi les fausses alertes — ce sont elles qui font gagner le plus de temps à la personne suivante.
Si le fichier n’existe pas encore, il est créé au premier
enregistrement. En l’absence de l’argument, l’interface écrit dans
archive.csv, dans le répertoire de travail de la session R
: suffisant pour un essai, à proscrire pour un usage partagé.
Conclusion
Les métadonnées ne changent aucun calcul de {vizsurvey} : les écarts détectés sont exactement les mêmes avec ou sans elles. Elles changent qui peut lire ces écarts.
C’est un usage discret mais essentiel pour le travail en équipe. Sans métadonnées, l’interface reste l’outil de la personne qui connaît la base ; avec elles, elle devient l’outil d’une équipe — gestionnaire d’enquête, méthodologue, responsable de collecte — chacun pouvant explorer, comprendre et documenter ses vérifications sans intermédiaire. Pour un investissement de quelques dizaines de lignes de fichier, c’est probablement le meilleur rapport entre effort et bénéfice de tout le dispositif.